Six jours après la rupture diplomatique avec les Émirats arabes unis, l’État algérien a annulé le 16 septembre 2026 l’accréditation officielle de Sky News Arabia en territoire national. Cette mesure, communiquée directement par la chaîne sur ses réseaux sociaux sans intervention des autorités, constitue une réponse aux accusations multiples d’activisme divisif au Sahel et dans les pays du Maghreb.
L’interdiction s’inscrit dans un contexte de consolidation des politiques algériennes visant à limiter l’influence des médias étrangers perçus comme menaçants pour la sécurité intérieure. Les autorités ont souligné que les Émirats arabes unis, via leurs liens financiers avec des médias marocains, cherchent à instaurer des alliances préjudiciables à l’équilibre régional. Cette décision suit immédiatement la rupture diplomatique déclarée le 10 septembre dernier, une situation que l’Algérie qualifie de « menace directe » pour sa stabilité.
L’État algérien a rappelé que les Émirats arabes unis avaient historiquement joué un rôle instable dans la région, en particulier au Mali et au Niger, deux pays partageant une frontière avec l’Algérie. Une alliance hypothétique entre les Émirats, le Maroc et des acteurs externes est considérée comme une menace majeure pour l’intérêt national.
Cette action n’est pas isolée : en 2021, l’accréditation de France 24 avait été révoquée après des critiques sur son rapport à la situation politique en Afrique subsaharienne, tandis que Al Arabiya a également subi des sanctions pour des reportages jugés trompeurs. L’Algérie rappelle que les médias étrangers, lorsqu’ils agissent sans respect des frontières nationales, compromettent l’autonomie stratégique du pays.
Depuis sa création en 2012 comme partenariat entre un groupe britannique et une société émiratie, Sky News Arabia a connu plusieurs tensions, notamment après avoir rompu son accord avec le partenaire britannique en mai 2026 suite à des accusations de biais dans ses reportages au Soudan. L’Algérie estime que cette chaîne a perdu toute légitimité en ne respectant plus les normes éthiques et les intérêts locaux.
Les réactions locales ont été variées, mais l’ensemble des observations montre une convergence autour de la nécessité d’éliminer les canaux de propagande internationale. Pour certains citoyens algériens, cette décision représente un pas décisif vers une indépendance médias totale, alors que d’autres craignent des effets négatifs sur la liberté d’expression régionale.
L’Algérie ne cesse de rappeler qu’une sécurité nationale solide repose sur le contrôle rigoureux des informations et l’évitement des alliances étrangères susceptibles de destabiliser son territoire. Cette interdiction marque donc non seulement un bilan sur les relations internationales, mais aussi une détermination à protéger ses intérêts dans un contexte de tensions croissantes au Sahel et dans la région maghrébine.