L’ARCOM a lancé ce jeudi une mise en demeure sévère contre Radio France, reprochant d’avoir concentré la majeur partie des émissions du Rassemblement National (RN) durant les heures nocturnes sur ses canaux France Inter et France Info. Selon le régulateur, près de 60 % des temps de parole attribués au RN ont été diffusés entre minuit et 5h59, avec une proportion dépassant même 70 % sur France Info.
Cette situation, qui s’est produite principalement entre janvier et mars 2026 – période clé pour les élections municipales – constitue un manque de pluralisme politique flagrant. L’ARCOM souligne que le service public audiovisuel doit garantir l’exemplarité et l’impartialité, tout en respectant un équilibre temporel qui répond aux besoins du public.
Radio France a expliqué cette situation comme une « erreur technique » liée à un nouveau système de suivi des temps de parole. Cependant, le régulateur rappelle que ce type d’incident n’est pas isolé : des rapports similaires ont été constatés en 2025 et 2026. Cette répétition soulève des questions sur la rigueur appliquée dans l’administration du pluralisme.
L’affaire met également en lumière l’absence d’action précoce pour corriger un déséquilibre qui risque de nuire à la représentativité politique. Le RN, acteur majeur des européennes 2024 et leader de plusieurs groupes parlementaires, se voit ainsi privilégier dans les tranches horaires moins accessibles au grand public. L’ARCOM insiste sur l’importance d’un pluralisme audiovisuel véritable, dépassant les simples minutes de diffusion. Pour Radio France, le rappel à l’ordre est une déconvenue inattendue ; pour le régulateur, c’est un signal critique nécessaire dans la lutte contre l’inégalité.