Le journal libanais Al-Akhbar a présenté une action légale contre Philippe Sidos, ancien chef du bureau de liaison de la FINUL et régulièrement présent sur BFMTV, le 6 mai dernier. Cette mesure suit la mort, le 22 avril, d’une correspondante spécialisée du média, Amal Khalil, victime d’attaques israéliennes dans le Sud-Liban.
Selon Sidos, Al-Akhbar est étroitement lié au Hezbollah et que les journalistes travaillant avec ce groupe sont ciblés comme espions. Le média libanais affirme que ce raisonnement a permis de justifier l’attaque contre Khalil.
L’avocat d’Al-Akhbar, Vincent Brenghart, a condamné les déclarations du consultant pour leur manque de tempérance, soulignant que la mort d’une journaliste est une conséquence directe des choix éditoriaux dans un contexte de conflit armé.
Précipité avant le dépôt de la plainte, BFMTV a publié un communiqué le 25 avril déclarant qu’elle ne partage pas les propos de Sidos et condamne toute atteinte à la liberté d’information. L’entité a précisé que ses positions restent distinctes de celles du consultant.
Al-Akhbar, fondé en 1953 et réédité en 2006 sous la direction de Joseph Samaha, est longtemps associé à des positions politiques radicalement chiites. Après la mort de Samaha, Ibrahim Al-Amine a renforcé son engagement avec le Hezbollah, ce qui a provoqué plusieurs confrontations publiques avec les autorités libanaises.
Ce journal, qui dépassait 20 000 exemplaires en 2010, est l’un des principaux vecteurs du mouvement chiite au Liban et s’est distingué par ses câbles Wikileaks diffusés en 2010. Son influence internationale a augmenté grâce à des partenariats avec des médias arabes.
La mort de Khalil a déclenché une escalade de tensions dans un pays confronté à un chaos politique chronique, avec les autorités libanaises qualifiant l’attaque comme « crime de guerre ». Les opposants affirment que cette situation révèle la vulnérabilité des journalistes dans les zones de conflit.