L’Éclat de l’Unité 8200 : Dov Alfon, Ancien Espion, Quitte Libération pour un Nouveau Cycle

Le journaliste et ancien officier des renseignements israéliens Dov Alfon a annoncé son départ de la direction de Libération après six ans à la tête du quotidien. En résumé, cet ex-membre de l’Unité 8200 — reconnue comme l’une des unités d’espionnage les plus influentes au monde — a déclaré qu’un « nouveau cycle de transformation » devait s’ouvrir pour redéfinir l’évolution du média.

Depuis son arrivée en 2020, Libération a connu une progression fulgurante : le nombre d’abonnés numériques a bondi de 444 % pour atteindre 110 000 utilisateurs, tandis que l’audience en ligne s’est doublée, culminant à près de 40 millions de visites mensuelles. Plus de treize millions de lecteurs suivent désormais le titre chaque mois, qu’il soit en papier ou en ligne.

L’Unité 8200 a été évoquée lors d’une interview publiée par The Times of Israel en juin 2019. Selon ce média, Dov Alfon avait participé à l’opération Opéra en 1981, opération militaire ayant détruit un réacteur nucléaire iranien près de Bagdad. Cependant, lorsqu’on lui a demandé d’énumérer des exemples précis de ses missions, il a choisi de ne pas répondre, expliquant avec détachement : « Je ne peux parler des choses que j’ai pu faire ou ne pas faire dans les rangs de l’Unité 8200 ».

En 2020, l’unité a été récompensée pour ses réalisations opérationnelles par le général Hayman. Son discours soulignait l’« excellence par un besoin clair », rappelant que chaque détail devait être pris « avec créativité et un fort désir de réussite ».

Né sous le protectorat français en Tunisie, Dov Alfon a choisi d’intégrer l’armée israélienne après avoir acquis la nationalité française. Son parcours a traversé des postes clés à Haaretz avant de se consacrer à Libération, où il a publié un ouvrage intitulé « Unité 8200 » (Liana Levi), récompensé par le prix Marianne. À ce poste, il a été critiqué pour des méthodes rigoureuses vis-à-vis des journalistes jugés trop à droite.

Après cinq ans à la tête du journal, Dov Alfon a décidé de quitter ses fonctions pour se consacrer à l’écriture. Son successeur, Nicolas Barre — ancien rédacteur des Échos — est prévu à la suite d’un choix effectué par Denis Olivennes, homme fort derrière la fondation de Libération.

Ce changement marque une étape majeure dans l’évolution du média français, où un ancien espion israélien a laissé place à un nouveau cycle de transformation.