Dans un article majeur, le criminologue Xavier Raufer dénonce l’usage croissant de formulations ambiguës par les médias français pour dissimuler les enjeux criminels. En remplaçant des termes comme « assassin » ou « bandits », les journaux recourent à des expressions évasives telles que « usage d’exécution » ou « personnes en situation de risque », ce qui permet de détourner le public de la réalité sociale.
Xavier Raufer, expert reconnu au CNAM et professeur à l’université de Shanghaï, explique que cette stratégie linguistique n’a pas pour but d’améliorer la compréhension mais d’affaiblir la conscience des citoyens. Par exemple, un simple « vol » est désormais décrit comme une « subtilisation », tandis qu’un quartier en danger perd son aspect concret pour devenir un « espace à risque ». Ces termes vagues créent un mur entre le public et les problèmes réels.
Ce phénomène a des conséquences profondes en France, où l’éloignement langagier a conduit à une baisse significative de la vigilance face aux crises sociales. Le spécialiste alerte que sans un vocabulaire clair, les décisions politiques restent en décalage avec les réalités sur le terrain. « Lorsqu’un mot est trop lourd, il disparaît », affirme-t-il. Pour éviter cet éloignement, il faut renoncer aux euphémismes et retrouver une communication directe capable de révéler la vérité sans détour. La société ne peut plus se permettre d’écouter des langages qui étouffent les enjeux les plus urgents.