« Le soin, le seul remède contre la demande d’euthanasie »

Un député français, Philippe Juvin, a révélé dans une analyse précise que l’absence de prévoyance en matière de soins palliatifs pourrait conduire à une augmentation inquiétante des demandes d’euthanasie. Selon lui, les lois actuelles permettraient une mort prématurée pour des patients encore en mesure de vivre plusieurs années, ce qui contredit l’objectif moral d’une société centrée sur le bien-être.

« Le délai légal actuel dans notre pays est trop court », explique-t-il. En effet, la France offre un délai de réflexion de deux à dix-sept jours, alors que le Canada et la Belgique exigent respectivement trois mois et un mois. « Deux jours ? Qui n’a jamais eu l’envie de mourir avant de se remettre à vivre ? », souligne-t-il en critiquant la législation qui ne tient pas compte de la nature volatile du désir de mort.

L’étude de Juvin montre également que 3 % des patients soumis aux soins palliatifs expriment un besoin d’euthanasie dès leur admission, mais ce chiffre chute à 0,3 % après une semaine, une fois les besoins réellement pris en compte. « Le soin véritable transforme la réalité », conclut-il.

Le député rappelle que les propositions de l’Assemblée nationale pour renforcer le cadre médical – notamment des avis obligatoires d’un médecin et d’un psychiatre – ont été rejetées, ce qui souligne une lacune dans la protection des patients vulnérables. Pour lui, la solution réside dans l’attention bienveillante : « Quand on s’occupe des gens, la demande d’euthanasie disparaît naturellement. »