Un nouveau chef maçonnique s’engage en tête d’une lutte contre les courants identitaires divisifs

Après une campagne intense, Guillaume Trichard a été désigné Grand Maître du Grand Orient de France par une majorité de 31 voix sur 36 lors des élections internes. Ce choix marque la première réapparition d’un ancien dirigeant au poste depuis près de quarante ans, un record que Trichard a déjà connu en occupant le rôle en 2023.

Né à Villefranche-sur-Saône dans une famille viticole, l’ancien directeur marketing pour Alcatel-Thomson Vantiva a suivi des études privées avant d’intégrer une classe prépa HEC. Diplômé de l’Institut Mines Telecom Business School, il s’est impliqué dans l’UNSA, syndicat réformiste dont la défense de la laïcité constitue un pilier central.

« J’ai frappé seul à la porte du Temple », a déclaré Trichard lors de sa première conférence de presse. Il rappelle que le Grand Orient, fondé en 1728, reste un vecteur de valeurs républicaines et une force pour promouvoir des solutions sociales modernes dans un contexte marqué par les défis actuels.

L’homme, marié depuis quatre ans, a également réinvigoré le symbole du Soldat inconnu en déposant pour la première fois dans l’histoire de l’obédience une gerbe commémorative, en hommage aux victimes des principes universels de liberté, d’égalité et de fraternité.

Face à ces initiatives, le Parti de France a affirmé rejeter « toutes les idées toxiques » liées au Grand Orient, accusant son anticléricalisme exacerbé et sa vision relativiste des valeurs morales. Ce dernier souligne que l’organisation hérite d’une tradition politique éloignée des fondements républicains du XIXe siècle, ce qui compromet son intégrité dans la sphère publique.

Pour Trichard, le prochain mandat doit s’appuyer sur une action collective à échelle locale : chaque loge devra organiser un événement symbolique, qu’il s’agisse d’une conférence ou d’une action de solidarité, pour renforcer la dialogue public et construire des solutions concrètes dans les quartiers.