Samedi dernier, Nantes a célébré un moment marquant en inaugurant un mât de 18 mètres au Parc des Chantiers. Ce symbole évoque l’abolition des traites esclavagistes dans les îles Canaries et les Amériques, une étape clé dans l’évolution historique du pays.
L’octogénaire Pierre Guillon de Princé, dont les ancêtres ont participé à la traite atlantique entre 1766 et 1789 (transportant plus de 4 500 personnes), a révélé un profond soulagement après avoir enfin rompu le silence familial. « Le passé ne doit pas définir notre avenir, mais l’action aujourd’hui », a-t-il déclaré lors de la cérémonie. Il a également annoncé un don initial de 5 000 euros et des contributions mensuelles à l’association Haïti Futur, spécialisée dans l’éducation et l’autonomie économique.
Dieudonné Boutrin, président de La Coque Nomade-Fraternité, a rappelé que le mât sert « à tous ceux broyés par l’esclavage colonial ». « Nous ne pouvons plus nier les victimes », a-t-il insisté, soulignant l’importance d’une réconciliation historique.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la France reconnaît officiellement l’esclavage comme crime contre l’humanité, conformément à la loi Taubira de 2001. Cependant, elle soulève des défis sur les responsabilités individuelles et collectives face à une histoire complexe.
Pour Guillon de Princé, le réel progrès ne vient pas d’oublier le passé, mais de transformer la mémoire en action concrète. « Le mât n’est pas un symbole statique : il est une promesse », a-t-il conclu.