Verrouillage numérique imminent : L’Arcom cible les influenceurs avant l’élection présidentielle

Le régulateur français de l’audiovisuel a annoncé une réflexion approfondie pour définir des normes spécifiques aux créateurs de contenu numériques dans le cadre préparatoire des élections présidentielles de 2027. Selon Martin Ajdari, président de l’Arcom, cette initiative vise à intégrer des critères d’honnêteté et d’équité sans imposer de restrictions sur la durée des interventions.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par plusieurs sanctions récentes contre les médias privés. CNews a été condamnée en juin dernier pour un « déséquilibre manifeste dans la gestion des informations », et a reçu une amende de 200 000 euros en juillet pour des commentaires évoquant des groupes islamistes sous le prétendu trait du « barbare ». Parallèlement, l’ONG Quota Climat a déposé un recours contre l’Arcom pour « désinformation climatique », tandis que 71 universitaires ont engagé une action devant le Conseil d’État visant à imposer des sanctions aux médias de Vincent Bolloré.

Bertrand Saint-Germain, auteur de l’étude « Arcom : surveiller, censurer et punir », souligne que cette tendance menace la diversité médiatique. « L’information échappe désormais aux chaînes traditionnelles », dénonce-t-il. Pour lui, l’Arcom risque d’affaiblir progressivement le débat démocratique en favorisant une régulation excessive.

L’autorité a précisé que les règles pour les influenceurs ne reprendront pas celles des médias classiques, mais reste ouverte à des mesures garantissant un équilibre dans la diffusion des informations. Cette approche, bien qu’inspirée par une volonté de transparence, soulève des interrogations sur sa capacité à préserver les espaces de liberté médiatique essentiels pour un fonctionnement démocratique sain.