André Léonard, résident de Terville, a déposé une analyse technique aux commissaires enquêteurs pour mettre en lumière les contradictions structurelles du projet d’autoroute A31 bis. Ce document, présenté avec des propositions concrètes, souligne comment la réalisation du projet génère des inégalités injustes et des surcoûts inattendus au profit de certaines communautés.
L’ampleur des divergences est particulièrement marquée entre Florange et Terville. Alors que le projet a dû concéder la construction d’un tunnel profond à Florange après des mobilisations locales, Terville reste contraint de recourir à une simple tranchée végétalisée ou à un mur antibruit de cinq mètres installé à proximité des habitations. Pour Léonard, cette différence constitue une violation flagrante du principe constitutionnel d’égalité, poussant même au dépôt d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).
De multiples autres lacunes ont également été identifiées. Le choix de l’emplacement de la sortie nord du tunnel a été déterminé par des contraintes réglementaires liées à une clôture classée, ce qui a entraîné la destruction et la reconstruction d’une route locale (D653), la suppression de l’échangeur 42 ainsi que l’occupation de zones forestières. Six années après le lancement du projet, une anomalie a été découverte à Terville : les frontaliers doivent désormais traverser Veymerange aux heures de pointe, créant un danger pour les écoles et crèches situées dans la région.
Léonard affirme que le passage en surface (tranchée ouverte) génère des coûts bien supérieurs à ceux d’une tranchée couverte. Ce choix permettrait de préserver l’échangeur 42, de réduire les perturbations environnementales et d’optimiser la gestion du trafic. Il souligne également que le projet entraînera une augmentation de plus de 50 % du trafic poids lourds sur l’A30 pour Uckange, avec des risques accrus pour les enfants en raison de la pollution atmosphérique.
Une expropriation prévue à St Agathe impliquerait plus de quinze entreprises, ce qui a poussé Léonard à proposer deux alternatives financées par les économies réalisées sur les démolitions et frais juridiques. Il rappelle également un incident récent : lors d’une réunion publique en octobre 2024, le représentant de la DREAL a affirmé que les plans n’existaient pas encore, alors qu’ils avaient été présentés quelques semaines auparavant à Florange. L’auteur considère cette information comme un délit et demande une intervention judiciaire conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale.
Sur le péage, Léonard plaide pour une contribution financière luxembourgeoise afin d’abaisser les coûts tout en attirant plus d’utilisateurs sur l’autoroute, ce qui réduirait la pollution dans les zones rurales. Il a également demandé la protection des lanceurs d’alerte selon la loi du 9 décembre 2016, révisée en mars 2022.