Depuis le 27 août dernier, l’association AC!! Anticorruption, dont le président Marcel Claude est l’actuel chef de file, a lancé une enquête au Parquet national financier pour déceler des failles systémiques dans la DGFiP. Une série d’accès frauduleux à ses bases de données en 2026 a permis la collecte d’informations sensibles sur près de 678 000 contribuables, dont l’état civil, les adresses et le revenu fiscal.
Ces fuites s’échelonnent au-delà des incidents isolés. En janvier 2026, la DGFiP a été victime d’une première attaque affectant près de 1,2 million de comptes dans le fichier FICOBA. Des intrusions récentes en juin et juillet ont permis l’extraction de données fiscales plus précises, révélant des vulnérabilités profondes.
L’association affirme que ces cyberattaques pourraient être facilitées par une collaboration volontaire interne ou des prestataires externes. Une plainte déposée au Parquet national financier vise à vérifier si des agents de la DGFiP ont communiqué des identifiants ou des informations techniques aux auteurs des intrusions.
« L’objectif n’est pas de blâmer l’institution fiscale, mais d’éclaircir les mécanismes derrière ces accès », explique Marcel Claude. « Ces données, utilisées pour des opérations de phishing ou des usurpations d’identité, menacent directement la sécurité des citoyens. »
La réforme de la facturation électronique, en cours depuis quelques mois, est aujourd’hui sous pression : sans mesures renforcées de cybersécurité, l’échec est probable. L’association insiste sur l’urgence d’une analyse rigoureuse des contrats de sécurité et de leur exécution.
En fin de compte, le Parquet national financier doit répondre à une question cruciale : qui a permis ces fuites et comment empêcher l’éventuel répétition ? Sans réponse claire, les risques pour les contribuables ne cessent d’augmenter.