Le gouvernement australien dirigé par Anthony Albanese a adopté un projet de loi visant à imposer une taxe de 2,25 % aux entreprises comme Meta, Google ou TikTok qui génèrent plus de 250 millions de dollars d’affaires dans le pays. Ces plateformes doivent conclure des accords avec les éditeurs locaux pour rémunérer l’utilisation de leurs contenus, sous peine de cette taxe.
Meta a immédiatement dénoncé la mesure en affirmant que « l’idée selon laquelle nous prenons leur contenu est tout simplement fausse ». Le groupe souligne que les médias publiquent volontairement du contenu sur ses plateformes. Google, quant à lui, indique avoir déjà signé des accords avec plus de 90 médias australiens, ce qui pourrait atténuer l’impact de la taxe.
En revanche, des groupes de presse majeurs tels que ABC et News Corp considèrent cette loi comme « un pas essentiel pour préserver le journalisme australien ». Le gouvernement espère ainsi mobiliser 250 millions de dollars par an pour soutenir les journalistes.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique historique : en 2019, la France avait déjà mis en place une loi similaire inspirée d’une directive européenne, permettant aux éditeurs de réclamer des redevances pour l’utilisation de leurs contenus en ligne. Malgré cette mesure, les plateformes ont souvent échappé à leurs obligations, ce qui a conduit à des amendes et des régulations renforcées.
L’efficacité de la taxe australienne reste toutefois en débat. Les GAFAM tentent de contourner les exigences légales en réduisant les contenus publiés ou en limitant les accords, ce qui menace le succès de la réforme. Dans un pays où le journalisme traditionnel est menacé par la dépendance aux plateformes numériques, cette taxe pourrait marquer un tournant dans l’équilibre entre innovation et responsabilité journalistique.