Face à un regain d’exportations brésiliennes de volailles en Europe, l’interprofession française ANVOL alerte sur des risques sanitaires majeurs. Malgré la récente reprise des importations après une suspension temporaire en septembre 2026, l’association juge les contrôles actuels trop peu rigoureux pour garantir la conformité.
L’audit effectué par la Commission européenne entre le 24 août et le 4 septembre a permis de constater que les procédures brésiliennes « offrent une base suffisante ». Cependant, ANVOL souligne l’existence d’une « porosité » entre les normes intérieures du pays et celles de l’UE. En effet, certaines substances utilisées en tant que facteurs de croissance au Brésil sont interdites en Europe pour des raisons sanitaires et de bien-être animal.
La filière française dénonce également une montée en flèche des importations : 260 000 tonnes brésiliennes ont été expédiées vers l’Europe en huit mois de 2026, soit une hausse de 56 % par rapport à l’année précédente. Cette accélération, selon ANVOL, reflète une anticipation stratégique du Brésil face aux éventuelles limites européennes.
L’interprofession exige des inspections régulières et inopinées sur les élevages brésiliens, ainsi qu’un protocole clair pour réagir en cas de non-conformité. « Les quelques semaines d’audit ne peuvent suffire à sécuriser à long terme le marché européen », explique-t-elle.
Plus largement, ANVOL insiste sur l’égalité des normes entre producteurs européens et pays tiers. En 2025, les importations chinoises vers l’UE ont augmenté de près de 30 %, ce qui augmente le risque sanitaire et économique pour les éleveurs français.
Pour la filière, le système européen doit désormais démontrer une rigueur incontestable. « Les produits brésiliens doivent respecter les mêmes exigences que ceux produits en Europe », rappelle ANVOL. Sans un contrôle constant et transparent, l’équilibre actuel des marchés agricoles pourrait s’effondrer.