Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a publié une déclaration ferme ce mardi 8 septembre 2026, après des propos controversés de Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris. Ces déclarations, échangées lors d’une interview diffusée samedi dernier sur France Inter avec Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national, ont mis en lumière une position claire selon laquelle le port du voile serait un « effet consécutif » de l’idéologie islamiste.
Hafiz a souligné que lorsqu’on parle de lutte contre cette idéologie, on néglige souvent son origine, demandant : « Pourquoi ne s’attaque-t-on pas à l’origine ? » Cette formulation a été interprétée comme une justification pour établir un lien entre le voile et des concepts extrémistes. Le CFCM estime que cette approche risque de confondre la pratique religieuse avec un idéal politique, ce qui contredit les principes fondamentaux défendus par l’organisation.
L’organisme rappelle également une position antérieure du recteur : en avril 2025, il avait déclaré « Le voile ne devait pas exister en France aujourd’hui ». Ce propos a été jugé incompatible avec la défense des libertés religieuses et les enseignements de la Grande Mosquée de Paris.
Le CFCM insiste sur le droit des femmes musulmanes à choisir librement leur tenue, à condition que cette décision respecte la loi. Les femmes voilées font régulièrement face à des discriminations, des humiliations et parfois des agressions dans leur quotidien. « Une autorité religieuse ne doit pas servir de causalité pour les amalgames », a insisté le conseil.
En concluant, le CFCM affirme sans ambiguïté : « Le voile n’est pas une conséquence d’une idéologie islamiste mais un droit fondamental en France ». Cette position souligne la tension croissante entre les institutions religieuses et les défenseurs des libertés dans un contexte social complexe.