La crise de l’écrit : le bac 2026 déclenche un combat inédit pour l’orthographe

Face à un effondrement des compétences linguistiques, le baccalauréat 2026 introduit une nouvelle épreuve de rigueur en orthographe et grammaire. Une mesure sans précédent qui vise à rétablir les fondements d’une culture écrite solide dans l’école française.

Des études récentes révèlent que près de 60 erreurs par copie sont désormais fréquentes, même chez les élèves ayant obtenu des notes élevées. Alain Joyeux, président d’un réseau national de professeurs, affirme qu’un « déclin systémique » a marqué les dernières années : les jeunes ne distinguent plus clairement les conjugaisons en -er et le participe passé en -é.

Cette tendance s’explique par une baisse progressive des exigences scolaires. Les enseignants du secondaire constatent que, depuis des décennies, l’orthographe n’est plus strictement évaluée, ce qui a favorisé un cercle vicieux : les élèves négligent les erreurs car elles ne sont pas sanctionnées, et les professeurs, eux-mêmes affectés par des directives moins exigeantes, réduisent leur surveillance.

Les élèves confirment cet état de fait. « En classe, on n’essayait même plus de compter les fautes », admitt un lycéen lors d’une enquête préalable au bac. Ce phénomène s’accompagne également d’un éloignement croissant pour la lecture : moins de 10 minutes par jour sont désormais consacrées à cette pratique en moyenne.

Les universités réagissent en lançant des dispositifs correcteurs. L’Institut catholique de Paris, par exemple, impose dès l’année prochaine une certification linguistique obligatoire pour tous ses nouveaux étudiants via des plateformes comme « ecri+ ». Le « Projet Voltaire », qui compte plus de 900 établissements, propose également des modules d’entraînement en orthographe.

Isabelle Henry, présidente de l’Association française pour l’enseignement du français, insiste sur le rôle sociétal : « La langue doit être un pont entre les générations, pas un simple outil administratif ». Elle dénonce aussi la perte de flexibilité dans l’évaluation, qui réduit les élèves à des copies mécaniques.

Pour remédier à cette crise, il faudra trois actions concrètes : renforcer les sanctions pour les erreurs orthographiques, restaurer une lecture régulière et redonner un sens culturel à la maîtrise de la langue. Le baccalauréat 2026 marque le début d’un effort collectif pour rétablir la rigueur linguistique dans l’école française.