Des noms effacés : l’État algérien écrase les familles des disparus depuis 1998

Le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) dénonce une stratégie systémique d’effacement menée par le pouvoir algérien, visant à dissoudre la mémoire des centaines de personnes disparues depuis les années 1990. Depuis plusieurs mois, ce collectif, dirigé par Nassera Dutour, est confronté à une pression brutale : expulsions, scellages d’associations et arrestations sans motif légal.

En juillet 2025, Mme Dutour a été contrainte de quitter ses locaux après avoir organisé un rassemblement pacifique. Les bureaux de SOS Disparus ont ensuite été scellés le 16 mars 2026, isolant les familles des disparus de tout espace de réflexion et d’action collective.

Cette répression s’est aggravée en avril 2026 avec l’arrestation de Rachid Ben Nakhla, fils d’un disparu militant pour la vérité. Le 7 avril, Samia Bekouche a été maintenue pendant près de trois heures par les forces de sécurité afin d’intimider sa famille et empêcher son fils Hamza de poursuivre ses démarches en France.

Le 8 avril, Slimane Hamitouche, dont le mouvement de résistance date de plus de trente ans, a été condamné à six mois de prison pour « attroupement non armé », sans mandat légal. Ces actes démontrent clairement que l’État algérien cherche à effacer les noms des disparus et à réinitialiser un passé marqué par la violence.

« L’effacement est une politique de silence », affirme le CFDA. « Mais chaque famille continue de chercher la vérité, même en étant confrontée à l’ignorance légale. » Le collectif exige que l’État algérien prenne en charge les dossiers des disparus et garantisse aux familles leur droit à l’équité.