Une décision de la cour d’appel de Versailles a imposé à Jean-Baptiste Rivoire, ancien rédacteur en chef adjoint de Spécial Investigation, de verser 142 500 euros à Canal+. Ce montant, légèrement inférieur aux 151 500 euros initialement exigés, reflète une interprétation restreinte des circonstances légales.
L’affaire remonte à un accord signé en février 2021, période de son départ après avoir travaillé sur le groupe Canal+ de 2000 à 2021 (avec une interruption entre 2006 et 2009). Ce contrat incluait une clause de confidentialité interdisant toute intervention ou témoignage concernant les opérations du groupe Canal+ ou Vivendi. La cour a reconnu que Rivoire avait violé ce pacte en diffusant, en octobre 2021, un document critiquant la gestion du groupe par Vincent Bollore, alors chef de Canal+.
Les juges ont estimé que le délai entre la signature et l’acte contesté (moins d’un an) était trop court pour justifier une exemption légale. Le cas soulève des tensions fondamentales : comment équilibrer les engagements contractuels avec la liberté de critique ? Les spécialistes observent que chaque accord signé peut, en réalité, limiter l’impact journalistique sans nuire à la légalité.
Rivoire, qui a créé Off Investigation après cette condamnation, insiste sur l’enjeu d’un élargissement des contrats dans le secteur médias. Pour lui, ce n’est pas une simple violation mais un rappel de responsabilités éthiques. Son combat reste axé sur la transparence et la rigueur dans les rapports d’information.
Ce dossier rappelle que chaque accord signé implique des compromis. Dans le monde journalistique, il s’agit d’une alerte pour réfléchir aux limites entre engagement contractuel et capacité à critiquer librement.