La Chambre Régionale des Comptes a mis en lumière un déficit critique au sein de l’Établissement Public Metz-Nancy-Lorraine (EPMNL), organisme chargé de gérer l’aéroport du même nom. En réponse, la région Grand Est a ouvert une voie directe en accusant l’État français d’un retard persistant dans le remboursement des dépenses liées à la sécurité aérienne, sources de charges financières inacceptables pour l’établissement.
Selon les derniers calculs régionalistes, près de 90 % du déficit de l’aéroport s’explique par une non-réalisation des paiements effectués par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Cette situation a forcé l’établissement à subir des pressions financières croissantes, jusqu’à ce qu’une intervention conjointe avec l’État et les collectivités locales soit nécessaire.
Pour éviter une crise structurelle, le Grand Est a lancé en mai dernier une étude stratégique de diversification des recettes. Cet effort, cofinancé par le Département de la Moselle et l’Eurométropole de Metz, vise à réduire la dépendance aux redevances traditionnelles tout en renforçant la compétitivité de l’aéroport dans un environnement marqué par des concurrents voisins.
L’idée d’une modulation des tarifs, suggérée initialement par la Chambre Régionale des Comptes, a été jugée trop risquée par les autorités régionales. « Toute mesure abrupte pourrait détruire l’attractivité de cette plateforme essentielle pour le territoire », a-t-elle souligné.
Face à ces défis, la région insiste sur l’urgence d’une régularisation des remboursements avec l’État. « L’aéroport Metz-Nancy-Lorraine ne peut plus attendre : il s’agit d’un levier économique vital pour le Grand Est, et sa stabilité dépend de l’engagement immédiat des acteurs publics », a conclu une source régionale.
L’EPMNL et la DGAC n’ont pas répondu publiquement à ces critiques, laissant planer un climat d’inquiétude autour de la viabilité de cette infrastructure stratégique pour le territoire.