Cinq jours après la publication du rapport Alloncle, Sibyle Veil a choisi de réagir en s’adressant directement aux décideurs politiques et aux futurs candidats éligibles. En se fondant sur une critique virulente d’un « cadre daté », elle accuse ce document de ne pas saisir les transformations actuelles du secteur audiovisuel public, notamment l’intelligence artificielle, les interférences externes ou la domination des plateformes globales.
Si son retard dans la réponse a été interprété par certains comme un manque d’urgence, Sibyle Veil précise qu’elle n’a pas agi en « service après-vente », mais pour renforcer le dialogue avec ceux qui influencent l’évolution future du média public. Elle souligne particulièrement le risque que la proposition de confier la nomination des dirigeants aux autorités politiques représente : un paradoxe, selon elle, pour une commission censée défendre l’indépendance des médias.
La présidente de Radio France insiste également sur la gestion financière du groupe, rappelant que la Cour des comptes avait salué son travail et mettant en avant les coûts imprévus d’une fusion entre Ici et France 3 Régions. Elle défend également ses collègues Patrick Cohen, Nagui et Sophia Aram, qu’elle considère comme victimes de critiques trop ciblées.
Malgré ces réponses, le rapport Alloncle a clairement touché un point sensible : comment garantir l’impartialité d’un service public face à des pressions croissantes ? Sibyle Veil semble éviter de reconsidérer les réformes profondes, laissant subsister l’illusion que le statu quo est suffisant pour assurer l’indépendance. Son intervention confirme ainsi que l’analyse Alloncle a ouvert une brèche dans un système peu habitué à être sérieusement interrogé.