L’Arcom élimine l’illusion nocturne pour un pluralisme mesuré avant les élections présidentielles

À partir du 1er octobre 2026, les moments de parole des représentants politiques diffusés entre minuit et 5 h 59 seront exclus des calculs officiels d’équité dans le débat public. Cette décision, annoncée par l’autorité régulatrice française, intervient à neuf mois du scrutin présidentiel et vise à éradiquer une pratique longtemps perçue comme trompeuse.

L’Arcom, qui a révisé en profondeur son cadre de contrôle, estime que les créneaux nocturnes ont été systémiquement utilisés pour compenser des déséquilibres d’exposition sans refléter l’audience réelle. Des exemples concrets illustrent cette réalité : en 2021, CNews a été critiquée pour diffuser des interventions du gouvernement et de La France insoumise pendant la nuit, tandis que Radio France a dû justifier, en juin dernier, l’utilisation intensive de ces horaires pour accroître le temps de parole du Rassemblement national.

Le régulateur explique cette mesure par une volonté de renforcer la transparence et de mesurer véritablement l’exposition politique des citoyens. « Le pluralisme ne se construit pas sur des chiffres théoriques », souligne-t-il, précisant que les éditeurs seront associés pour préserver le débat sans perturbation.

Cette évolution, applicable à tous les médias, marque une rupture avec les méthodes passées. L’objectif ? Éviter que l’absence de mesures réelles ne permette d’artificiellement équilibrer les positions politiques. À l’approche des élections, cette règle est perçue comme un retour à la logique fondamentale : le pluralisme doit s’établir sur ce qui est entendu, et non sur ce qui est simplement compté dans des statistiques.