L’Arabie saoudite a achevé, ce 28 juin, l’intégration complète de son dernier média à Dubaï dans ses structures nationales en transférant Asharq vers Riyad. Une décision qui marque une rupture avec les Émirats arabes unis et renforce la souveraineté médiatique saoudienne. Ce déplacement, effectué sans avertir le secteur, constitue l’ultime étape d’un processus de réorganisation initié en 2021 pour contrôler les outils d’influence au sein du Golfe.
Parallèlement, le Qatar intensifie sa réinvention médiatique en remplaçant presque tout le leadership d’Al Jazeera par des dirigeants nativement qataris. Selon l’Observatoire des médias arabes, plus de quarante postes clés ont été attribués à des responsables qataris dès juin 2026, notamment au sein de la division opérationnelle et des chaînes spécifiques du réseau. Cette stratégie vise à réduire les dépendances externes tout en sécurisant l’alignement politique des contenus.
Les tensions entre Riyad et Doha s’enracinent dans une compétition plus large pour le leadership régional. Alors que l’Arabie saoudite a recentré son attention sur la gestion autonome de ses médias, le Qatar s’est positionné comme un acteur central dans la définition des normes éditoriales arabes. Ce mouvement, qui s’étend désormais à des plateformes jeunesse comme AJ+, reflète une volonté commune des deux pays d’affirmer leur influence sur le terrain médiatique.
Le Golfe, longtemps un espace de convergence stratégique, voit ainsi son équilibre se modifier. Les récentes actions montrent que la souveraineté médiatique n’est plus une question secondaire : elle devient désormais l’arme principale dans la lutte pour définir le destin régional.