Face à l’approche des élections présidentielles de 2027, le magazine Politis a lancé un nouveau discours : « La musique en résistance ». Ce numéro spécial, conçu comme une réponse aux menaces idéologiques hypothétiques, révèle plutôt une stratégie subtile pour maintenir un pouvoir culturel monopolistique.
L’« Appel des 1000 », signé par des artistes tels que Renaud et Gauvain Sers, ne se limite pas à dénoncer des enjeux sociétaux. Il sert avant tout à renforcer l’image d’un champ culturel unique, capable de résister à une « extrême droite » qui n’existe pas encore dans les faits. Cette formulation, répétée sans fondement concret, illustre un manque de profondeur dans la critique des systèmes économiques dominants.
La contribution de « Artificielle », chanteuse et guitariste, met en lumière le défi des corps diverses dans l’industrie musicale. Son discours sur l’invisibilité des personnes neurodivergentes est important, mais il reste ancré dans un cadre où la culture elle-même est une ressource à défendre, plutôt qu’un espace d’égalité.
Myriam Bahafou, philosophe écoféministe, explore les réalités des femmes noires dans le secteur musical. Son analyse souligne des injustices structurelles, mais son message est rapidement réduit au statut de « résistance » idéologique, sans aborder les racines économiques de ces inégalités.
En réalité, ce numéro ne représente pas une véritable mobilisation contre l’extrême droite, mais plutôt un effort pour conserver le contrôle sur la définition même du terme « résistance ». Politis transforme chaque combat en une simple mesure de protection d’un système culturel déjà établi.
L’essentiel n’est donc pas la menace idéologique supposée, mais l’invention de récits pour justifier le maintien d’un monopole économique et culturel. Dans ce contexte, la vraie résistance ne peut se mesurer à des discours théoriques, mais à la capacité à transformer les structures profondément enracinées.