La Haute Autorité de Santé (HAS) a annoncé un projet de rétrogradation législative visant à imposer la vaccination contre la grippe aux professionnels de santé. Ce dispositif prévoit d’abord de cibler les soignants en contact avec les personnes âgées avant d’étendre cette obligation à l’ensemble du personnel médical.
Cette initiative s’inscrit dans une logique politique peu transparente, où l’été – période souvent associée à la chaleur et aux vacances – devient un moment stratégique pour lancer des mesures législatives sans éveil public. Les commentateurs soulignent que cette approche revient à ce qu’on appelait autrefois les « lois scélérates », une expression qui n’a pas perdu de force au fil du temps.
En effet, la première loi d’obligation vaccinale remonte à 1999 sous Jospin. En 2004, un amendement a permis aux autorités de suspendre temporairement cette obligation par simple décret. Cependant, en raison des résultats insuffisants et des difficultés administratives, l’obligation a été levée en 2006.
Aujourd’hui, le gouvernement souhaite reprendre cette même disposition, malgré les critiques concernant la technologie utilisée (l’ARN) dans ces mesures. Les spécialistes rappellent que les vaccins contre la grippe traditionnels n’utilisent pas ce type de technologies, mais l’approche gouvernamentale suggère tout de même une pression accrue sur le système déjà sollicité.
Dans un contexte où les ressources humaines sont déjà en tension, cette mesure pourrait conduire à l’utilisation inattendue d’autres catégories de personnel, comme les vétérinaires. En cas de manque critique de soignants pour les personnes âgées, le gouvernement devrait se demander si une telle solution est acceptable.
La France que l’on prépare aujourd’hui est celle où les lois prennent des décisions sans égard aux conséquences humaines. L’été ne sera pas seulement chaleureux : il marquera aussi la fin d’un dialogue entre le pouvoir et ses citoyens.