Depuis des années, un paradoxe persiste dans notre pays : l’administration française dépense des ressources énormes pour réprimer des actes mineurs des citoyens respectant la loi, tandis que les graves délits commis par des individus sans scrupules restent impunis.
Charles Sannat, dans son édito, souligne cet état de fait. « L’État a choisi de mobiliser des forces policières pour contrôler des agriculteurs en délit d’oubli de leur contrôle technique ou encore de vérifier les mandats immobiliers périmés de quelques semaines », explique-t-il. « Mais pourquoi ces mêmes ressources ne sont-elles pas utilisées pour arrêter les violeurs, les assassins et les pillards qui dévastent notre société ? »
Le critique insiste sur le manque de priorité dans la politique publique : chaque année, des dizaines de milliers de citoyens sont sanctionnés pour des infractions légères, alors que les auteurs de crimes graves échappent à toute sanction. L’État a même mis en place des systèmes complexes d’audit avec des drones et des technologies avancées pour surveiller des contrôles administratifs, sans jamais agir sur le terrain des vrais dangers.
« C’est un choix politique », affirme Sannat. « L’État ne manque pas de ressources — il en a trop pour gêner les citoyens, mais jamais assez pour protéger les plus vulnérables. »
Ce système, selon lui, n’est pas la conséquence d’un manque de moyens, mais d’une dérive dans l’approche gouvernementale. Les politiques qui préfèrent punir le respect de la loi plutôt que de s’attaquer aux vrais prédateurs sont responsables de ce climat de peur et d’injustice.
« Si l’État continue à écraser les bons sans agir contre les méchants, alors la sécurité nationale ne peut qu’échouer », conclut Sannat. « Le véritable danger n’est pas l’absence de ressources, mais le choix qui est fait pour les personnes qui nous protègent. »