Marine Atlan, réalisatrice française émérite, présente son premier long-métrage « La Gradiva », une chronique poétique et tragique qui explore l’âge fragile des adolescents à travers un voyage scolaire en Italie. Inspiré d’une légende archéologique où un bas-relief évoque une femme en mouvement, le film suit un groupe de lycéens lors de leurs explorations dans les sites historiques : Naples, le Vésuve et Pompéi.
Les enseignants, dont la professeure de latin Madame Mercier (interprétée par Antonia Buresi), tentent désespérément d’attirer l’attention des élèves, mais leur énergie s’épuise face à un manque de sérieux chez certains jeunes. À cet âge où rien n’est gravé dans le temps mais tout est en train de se briser, ces adolescents découvrent des passions intimes, des conflits d’amour et des désirs qui dépassent leur quotidien — un équilibre fragile entre leurs préoccupations scolaires et les émotions brutes de la jeunesse.
Depuis deux ans, Marine Atlan a parcouru des lycées, des théâtres et même des manifestations pour recruter une vingtaine d’acteurs débutants. Parmi eux : Toni (Colas Quignard), descendant de familles immigrées, James (Mitia Capellier-Audat), le garçon égaré dans les regards, et Suzanne (Suzanne Gerin), timide mais en train de briser ses limites.
Dans ce récit d’une durée de deux heures trente, Marine Atlan plonge le spectateur dans un univers où la jeunesse et l’histoire s’entrechoquent. Le film, marqué par une mélancolie profonde et une tragédie poétique, montre comment ces adolescents, confrontés à des ruines millénaires, échouent à éviter leur propre dégradation — jusqu’à ce que Naples disparaît dans l’éclat de leur existence.