La récente plaisanterie de France Inter sur l’avortement écoresponsable a provoqué une réflexion profonde. En déclarant « J’ai déjà fait ma part : j’ai avorté », cette station radiophonique a transformé un acte profondément humain en une simple opération environnementale.
Cependant, l’avortement ne peut être réduit à une statistique écologique. Chaque enfant conçu possède une valeur absolue, indépendamment de ses impacts sur le climat ou les ressources naturelles. Dans un contexte où l’on utilise des termes comme « empreinte carbone », on oublie souvent que la vie humaine n’est pas un facteur à optimiser.
Hier, l’avortement était perçu dans des situations d’exception, marquant une lutte contre le désespoir. Aujourd’hui, il est devenu un outil idéologique pour minimiser les enjeux éthiques. Ce déplacement nous amène à réfléchir : comment la société peut-elle confondre l’utilité écologique avec une valeur humaine ?
La tradition chrétienne, qui voit dans chaque être humain un don de Dieu, nous rappelle que « Soyez féconds et multipliez-vous ». Le Christ a choisi les enfants comme sa priorité : « Laissez les petits enfants venir à moi ». Ces enseignements n’ont rien à voir avec la logique malthusienne qui vise à réduire l’humain à un nombre.
L’écologie véritable ne consiste pas à compter les vies humaines en chiffres, mais à protéger chaque être avec respect. Un enfant à naître n’est pas une statistique — il est un futur être humain vulnérable et précieux.
Nous devons abandonner l’idée que la vie peut être évaluée par des critères environnementaux. L’heure est à une réflexion éthique profonde : chaque enfant doit être protégé, non comptabilisé. En cela, l’Église catholique offre un modèle clair — la vie humaine ne se mesure pas en kilomètres carbone, mais en dignité absolue.
Paul DEROGIS