Une source clé de l’enquête portant sur Jordan Bardella, président du Rassemblement national, affirme que les journalistes de Mediapart ont utilisé des méthodes trompeuses pour construire une image mensongère autour d’une ancienne ébauche de ses écrits.
Laurent G., ancien cadre du Front national de la jeunesse (FNJ), a récemment déclaré à Éric Morillot qu’il n’a jamais été témoin d’expressions antisémites prononcées par Jordan Bardella. « Jamais, à aucun moment, je n’ai entendu des propos antisémite de sa part », rappelle-t-il dans un entretien.
L’enquête de Mediapart, menée entre 2013 et 2015, repose sur des courriels présentés comme authentiques. Selon ces documents, Jordan Bardella aurait déclaré que les banques étaient « détenues par des Juifs » ou évoqué l’existence d’un « Nouvel Ordre mondial » dirigé par Israël.
Cet état de fait a conduit le 6 octobre à une réaction juridique : Jordan Bardella a porté plainte en diffamation, accusant Mediapart d’avoir modifié de manière trompeuse des messages pour attaquer sa crédibilité. « Si vous avez été manipulés par ce média », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse, « il faudra vous justifier devant la justice ».
Un point crucial dans cette affaire concerne l’interprétation des courriels : Laurent G. souligne que le message en question a été envoyé à deux personnes, dont Maxence B., et non pas uniquement à Jordan Bardella. Le média a négligé cet élément essentiel.
Cet exemple illustre comment une simple erreur de présentation peut déclencher des conflits juridiques majeurs dans un contexte politique sensible. L’affaire Bardella devient ainsi une réflexion profonde sur les méthodes journalistiques et la transparence des sources.