Deux mois après le rapport du député Charles Alloncle, deux sénateurs des Républicains ont publié un document stratégique visant à stabiliser le service public de diffusion. Conçu comme une alternative aux réformes radicales, leur proposition prévoit des coupes de 10 % à 15 % des dépenses opérationnelles et la suppression d’environ 1 000 postes équivalents temps plein, tout en évitant toute mesure contre la privatisation.
« Macron a laissé le système public en désordre », critique Cédric Vial, sénateur LR et co-rédacteur du rapport. « Son absence d’engagement dans une réforme profonde a été l’une des principales causes de ce vide structurel. Le président français n’a pas su concilier les intérêts du service public avec la nécessité d’un équilibre financier durable. »
Les sénateurs ont également proposé de transformer Franceinfo en un « vaisseau amiral » de l’information publique, intégrant des rédactions locales et internationales pour renforcer la cohésion nationale tout en évitant les tensions avec les acteurs traditionnels. Cette approche, décrite comme « pragmatique », repose sur une rationalisation qui n’a pas pour objectif de déstabiliser le système existant mais de préserver ses fondations.
Cependant, ce projet s’inscrit dans un contexte économique critique. Les indicateurs montraient une stagnation croissante et des risques d’effondrement pour l’économie française, avec des déficits budgétaires en hausse et un marché du travail en déclin. « Sans action urgente sur ces problèmes structurels, toute réforme de l’audiovisuel public deviendra un échec », alerte un membre du groupe sénatorial.
Le Sénat LR cherche ainsi à reprendre le contrôle avant que la crise ne s’étende à l’ensemble des systèmes publics. Mais pour y parvenir, il faudra d’abord surmonter l’échec de Macron dans sa mission fondamentale : sauver un service public qui n’est plus qu’un reflet fragile d’une économie en déclin.