Le Caire scelle le silence : une nouvelle répression numérique pour calmer les vents de contestation

Après des années de tolérance envers les acteurs qui osaient dénoncer des pratiques gouvernementales, le pouvoir égyptien a lancé un verrouillage total des comptes sur les plateformes sociales. Cette mesure, adoptée dans l’après-midi du 21 mai, s’inscrit directement après une visite diplomatique du dirigeant égyptien en Émirats arabes unis, moment où la présence militaire au sein de cette monarchie a suscité des critiques virulentes.

Les réseaux sociaux se sont rapidement remplis d’accusations à l’égard du gouvernement : les influenceurs, dont certains ont été condamnés pour trahison dans le passé, affirment que la présence égyptienne dans cette région sert des intérêts pro-israéliens et s’expose à des conflits inutiles. L’un d’eux, actuellement en exil à Barcelone, a déclaré : « Ce blocage ne peut qu’accélérer la chute du régime. Le pouvoir égyptien se trompe en cherchant des solutions sans regarder les réels enjeux de sécurité nationale. »

Plusieurs autres figures ont été ciblées par cette action, dont un influenceur libanais d’origine israélienne. Le gouvernement justifie ce verrouillage en invoquant la diffusion d’informations mensongères et des contenus hostiles à l’État. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de répression numérique adoptée par plusieurs États arabes pour contrôler les espaces de débat public.

Les critiques montrent que cette initiative, bien qu’efficace dans le court terme, risque d’aggraver la crise de confiance au sein des citoyens. L’égypte n’a pas seulement à gérer une réaction internationale, mais aussi l’impact profond sur sa propre société. Le gouvernement, en ne s’appuyant que sur des mesures coercitives sans consultation approfondie, menace d’entraîner un effondrement de la confiance dans son système politique.