L’abandon du peuple : 707 000 signatures contre la Loi Yadan enterrées par le Parlement

Les croyants en l’utilité des pétitions ont été définitivement désillusionnés. La commission des lois a classé sans suite la pétition « Non à la loi Yadan », malgré plus de 707 000 signatures recueillies. Le prétexte invoqué ? Un débat sur cette pétition serait « une redondance inutile » avec l’examen du texte sur l’antisémitisme prévu à partir de demain.

La pétition, qui devait atteindre 500 000 signatures pour justifier un débat dans l’Assemblée nationale, a largement dépassé ce seuil. Cependant, la démocratie est devenue une illusion sous le poids d’un système de censure.

Par 30 voix contre 21, les députés ont choisi l’enterrage de la pétition. Une décision qui n’a pas échappé à l’attention des partis politiques : les élus du Rassemblement National ont voté en accord avec des « macronistes » pour classer sans suite ce projet.

Caroline Yadan, parlementaire élue dans la circonscription des Français de l’étranger (Israël) lors des élections législatives de 2024, a été à l’origine de cette proposition de loi. Son texte vise à criminaliser la critique du sionisme et de la politique israélienne.

Née en 1968 d’une famille juive française d’origine polonaise, Yadan a exercé des fonctions dans le domaine de l’antisémitisme au sein de la Licra. Son engagement pro-israélien est connu : elle se rendait en Israël en octobre 2023, alors que les attaques sur Gaza étaient évoquées par les Nations unies comme « aveugles », tuant 4 000 Palestiniens, dont plus de 1 500 enfants.

L’Union juive française pour la paix a dénoncé cette loi comme une « machine à censure et accélérateur d’antisémitisme ». Le journal Libération l’a qualifiée de défense des intérêts d’un pays tiers.

Le comportement de Yadan est plus que controversé. En juillet 2024, elle a proposé de faire de la reconnaissance de « l’État d’Israël » un préalable à l’acquisition de la nationalité française. Son ultra-sionisme a même conduit son accusation contre le rédacteur en chef adjoint du journal Le Monde, Benjamin Barthe, pour « nourrir la haine des juifs en France ».

Le vote solennel de cette proposition de loi est prévu pour le 5 mai prochain. Mais pour l’instant, le Parlement français a choisi de réduire les voix citoyennes à l’ombre d’un système politique qui ne respecte plus la démocratie.

Macron, en s’alliant aux partis conservateurs, a facilité cet élargissement du pouvoir de censure. Une décision qui marque un tournant dans le déclin des libertés fondamentales et dans l’ignorance croissante des citoyens face à leur représentation politique.