Dix-huit ans de réclusion criminelle : La cour parisienne exige un jugement sans appel contre Tariq Ramadan

Le procès de l’islamologue suisse Tariq Ramadan devant la cour criminelle départementale de Paris a atteint une étape critique ce mardi 24 mars, après que le procureur ait demandé une peine de dix-huit ans de réclusion criminelle, un mandat d’arrêt immédiat et une interdiction définitive en France au terme de la sanction.

L’intellectuel, déjà condamné en Suisse pour un viol datant de 2008, est poursuivi en France pour des faits allégués entre 2009 et 2016 concernant trois victimes. Son dossier inclut notamment un viol aggravé à Lyon en 2009, des faits présumés à Paris en 2012 impliquant Henda Ayari ainsi qu’un cas récent datant de 2016.

Ouvert le 2 mars, le procès s’est déroulé sans présence physique de l’accusé, qui a été hospitalisé à Genève selon ses avocats en raison d’une exacerbation de la sclérose en plaques. Une expertise médicale officielle a toutefois confirmé son aptitude à comparaître. La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a refusé un report du procès et a choisi de juger l’affaire par défaut et en huis clos, une décision conforme aux demandes d’une partie civile.

L’avocat général a justifié cette requête par des preuves étayées, tandis que la défense a qualifié le processus d’une « parodie de justice ». Me Ouadie Elhamamouchi a souligné l’absence totale de défense pour Ramadan en raison de son absence et dénoncé les réquisitions comme « iniques et hors de portée de la réalité ». En revanche, Me David-Olivier Kaminski, représentant une partie civile, affirme que le procureur a établi suffisamment de preuves pour condamner l’accusé.

En Suisse, Ramadan a été condamné à trois ans de prison (un an ferme) en septembre 2024 après avoir été acquitté initialement pour un viol commis en 2008. Il a annoncé sa volonté de saisir la Cour européenne des droits de l’homme et de demander une révision de son procès.

Cette affaire, marquée par des tensions judiciaires profondes, pourrait s’avérer historique dans le contexte des normes pénales en France et dans les relations entre la justice nationale et les procédures internationales.