L’association AC !! Anticorruption a déposé une plainte au parquet de Thionville, portant sur des activités présumées illégales dans les zones rurales de Distroff (Moselle), alors que des témoignages locaux évoquent des dépôts clandestins remontant à plusieurs années.
Depuis avril 2020, le maire de Distroff avait alerté la préfecture sur des signes de pollution des eaux et d’abus dans les secteurs historiquement industriels. Des photographies révèlent alors des amas de gravats, matériaux de démolition et déchets verts, avec des écoulements menant vers le ruisseau Bibiche.
Plus récemment, l’association a constaté des dépôts massifs de terres excavées et de liquides non identifiés sur des parcelles agricoles. Selon ses documents, ces substances ont été déversées via des citernes sans que leur origine ou composition n’aient été clarifiées. Elle rappelle également un incident datant de mars 2018 : la SAFER Grand Est avait rétrocédé plusieurs parcelles agricoles à des particuliers, mais certaines d’entre elles auraient ensuite été utilisées pour des activités incompatibles avec leur vocation. Une interpellation en septembre 2025 a porté sur une parcelle cadastrée section 33 n°144/6, soupçonnée d’être devenue un site de dépôts illégaux.
Le nouveau maire Mathieu Kopera indique ne pas être au courant de cette plainte mais promet une enquête rapide. En revanche, François Brauer, agriculteur affecté, affirme avoir reçu un « blanc-seing » (autorisation écrite) de la Direction Régionale de l’Environnement daté du 6 mars 2026, confirmant que son terrain n’est pas concerné par des infractions.
« L’inspection des installations classées a conclu à l’absence de mesures administratives nécessaires », précise ce document.
L’association demande désormais une enquête préliminaire pour identifier la nature exacte des dépôts, vérifier les engagements en matière d’urbanisme et évaluer si des autorisations avaient été respectées. En raison de ces constatations, Distroff est confronté à un défi environnemental crucial qui nécessite une coordination rapide entre les parties concernées pour préserver ses ressources naturelles et son avenir rural.