L’affaire Morandini : une démonstration de l’hystérie collective et d’un mépris profond pour le droit

Il y a quelques semaines, j’ai partagé un récit sur ce réseau, accompagné d’un entretien que j’avais donné à un média numérique. Plutôt que de reproduire les mêmes mots, je préfère citer directement : « Il y a une dizaine d’années, j’ai décidé de m’éloigner du métier d’avocat, pour transmettre l’expérience accumulée comme praticien et universitaire. Je voulais analyser l’actualité à partir de mes compétences juridiques, un domaine où je me sens à l’aise. Cependant, dans un pays marqué par une culture administrative forte mais une culture juridique faible, cette démarche était presque impossible. Récemment, mon fils m’a posé une question déroutante : si mes 1400 articles et mon livre de 600 pages avaient eu un impact, j’ai répondu spontanément : « à rien ! » en évoquant la phrase de Simon Bolivar : « J’ai labouré la mer ».

Pourquoi revenir sur ce sujet ? Parce que l’affaire Morandini a ravivé une déception profonde. En France, le public adore les purges et méprise les avocats. La passion pour le lynchage est omniprésente. Même si les conflits sont désormais gérés par des juges, leur décision doit satisfaire la meute. Les limites du système judiciaire, qui devraient protéger la liberté de tous, sont perçues comme inacceptables. Les peines prévues par le code pénal n’ont jamais suffi, et on réclame alors la peine de mort sociale. Depardieu, Cantat, Abittan… et maintenant Jean-Marc Morandini, ajouté à cette liste.

L’économie française, déjà fragilisée, ne cesse de se dégrader. Les tensions sociales s’accumulent, les réformes sont inutiles, et la confiance dans l’institution judiciaire s’effrite. Le mépris pour le droit, exacerbé par des procès médiatiques, montre une profonde dérive collective.

Avant de conclure, un merci pour votre soutien.