À partir du mois de février 2026, Sophie Adenot, astronaute européenne de l’Agence spatiale européenne (ESA), s’engage dans une mission de neuf mois à bord de la Station spatiale internationale. Son engagement scientifique s’inscrit dans un projet audacieux destiné à déchiffrer les réactions humaines sous l’effet de l’apesanteur et des contraintes psychologiques extrêmes.
L’expérience PhysioTool, conçue en partenariat avec le Centre national d’études spatiales (CNES) et des laboratoires français, utilise des capteurs portables et un dispositif neurosensoriel pour évaluer de manière précise l’évolution du stress, du déconditionnement corporel et des perturbations cognitives en microgravité. Ce protocole vise à identifier les mécanismes essentiels pour préparer les futurs voyages vers la Lune et Mars, tout en répondant aux défis actuels de l’exploration spatiale.
À bord de l’ISS, les astronautes subissent des pressions multiples : isolement prolongé, environnement confinement, exigences émotionnelles élevées, risques techniques et distance terrestre. Ces facteurs perturbent directement leur attention, leur mémoire ou leurs capacités décisionnelles. L’analyse en temps réel des données collectées permet de développer des stratégies personnalisées pour optimiser la résilience humaine dans ces conditions extrêmes.
L’équipe du Laboratoire Lorrain de Psychologie et Neurosciences (2LPN), dirigée par Benoît Bolmont, Régis Grasse, Rémy Dumond et Elyo Gabriel, a déjà travaillé sur des environnements simulés d’extrême stress, comme les vols paraboliques ou les situations de confinement. Ces recherches, initiées en partenariat avec le CNES, permettent désormais d’appliquer ces découvertes dans l’espace réel.
Au-delà du contexte spatial, cette expérience pourrait également contribuer à résoudre des problèmes terrestres : prévention du burn-out au travail, amélioration de la santé mentale dans les métiers exigeants ou gestion plus efficace du stress collectif. En étudiant l’humain sous pression cosmique, PhysioTool ouvre un chemin vers une meilleure compréhension des limites et des potentialités de notre espèce.