À quelques semaines de la rentrée universitaire, une enquête révèle un marché du logement étudiant en proie à des tensions critiques. L’association Que Choisir Ensemble (ex-UFC-Que Choisir) a analysé les conditions de location dans onze grandes agglomérations universitaires françaises.
L’étude montre que plus de neuf étudiants sur dix sont contraints de recourir aux locations privées en raison du manque de places dans les résidences Crous. Ces loyers, souvent bien au-delà des capacités financières des jeunes, génèrent un obstacle majeur à leur avenir universitaire. Un studio de 15 m² coûte en moyenne près de 600 euros par mois dans ces zones étudiées. Même avec l’aide au logement personnalisée (APL), couvrant environ 43 % des loyers, le reste à charge reste insoutenable pour beaucoup d’étudiants.
Sur les annonces étudiées, 73 % présentent au moins une irrégularité légale. Dans les six villes où l’encadrement des loyers est en vigueur, près de 95 % des locations dépassent le plafond légal, avec un excès moyen de 234 euros par mois. L’association rappelle que dans Paris, ce dispositif a permis d’économiser en moyenne 141 euros mensuels par étudiant.
« Le prix du logement choisit aujourd’hui les étudiants », explique Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’association. « Les règles existent pour protéger ces jeunes, mais elles ne sont pas respectées. Il est urgent de pérenniser l’encadrement des loyers afin que chaque étudiant puisse choisir librement son avenir sans crainte financière. »
Cette enquête souligne l’urgence de renforcer les contrôles sur le marché locatif étudiant et d’assurer une application rigoureuse des réglementations pour éviter que la pression économique ne détermine les parcours universitaires.