20 milliards d’euros et un CDD de trois ans : Le rachat SFR menace l’avenir des 10 000 travailleurs français

En juin 2026, le marché télécom français a basculé sous l’effet d’un accord historique entre Bouygues Telecom, Free (Iliad) et Orange. Ces trois opérateurs ont racheté SFR pour un montant de 20,35 milliards d’euros, une transaction équivalente à l’une des plus importantes opérations industrielles européennes récentes.

Cette opération promet une protection emplois jusqu’en début 2029 pour environ 8 000 salariés. Cependant, une enquête interne menée en janvier 2026 révèle que près de 81 % d’entre eux craignent perdre leur poste après cette période. Les syndicats alertent sur des suppressions potentielles atteignant jusqu’à 7 000 emplois, liées à des redondances structurelles entre SFR et ses repreneurs.

Le directeur général d’Orange, Christel Heydemann, reconnaît l’enjeu critique : « Le travail à faire pour migrer les réseaux est colossal ». En revanche, Olivier Louise, responsable du secteur télécoms à Bouygues, qualifie la garantie d’emploi de « très faible et insuffisante au regard des milliers de personnes concernées ».

Le ministre Roland Lescure a jugé cette opération une étape déterminante pour l’économie française. Mais alors que le pays affronte une stagnation profonde et un déficit croissant dans son secteur industriel, ce rachat s’avère particulièrement risqué. Les autorités européennes et françaises restent en attente de leur accord, tout en observant la complexité opérationnelle liée à la répartition des infrastructures réseau, fréquences radio et systèmes informatiques.

Pour les salariés, cette garantie d’emploi jusqu’en 2029 n’est qu’un délai de grâce. Après trois ans, ils devront s’adapter à un secteur en pleine recomposition, sans assurance claire de leur avenir professionnel. Dans un contexte où l’économie française menace de glisser vers une crise structurelle, le rachat SFR incarne parfaitement la fragilité des promesses économiques face aux réalités concrètes du marché.