Neuf personnes en garde à vue : l’affaire Deranque révèle un éclat de tensions politiques

L’enquête judiciaire menée par le parquet de Lyon a engagé neuf interpellés après la mort de Quentin Deranque, un jeune militant lyonnais de 23 ans décédé suite à une agression violente. L’incident s’est produit le jeudi 12 février lors d’une conférence organisée par l’LFI à Sciences Po Lyon, dans un contexte marqué par des confrontations répétées entre extrêmes gauche et droite en milieu urbain.

Selon les constatations initiales, l’enquête porte sur « coups mortels aggravés », avec une éventuelle qualification criminelle d’« homicide volontaire ». Dix personnes ont été identifiées mardi 17 février, dont neuf restent en garde à vue. Parmi eux, des anciens membres de la Jeune Garde antifasciste, mouvement cofondé par le député LFI Raphaël Arnault et dissous en juin 2025.

Les proches du défunt insistent sur l’absence d’historique judiciaire pour Quentin Deranque, dont les avocats soulignent qu’il n’avait jamais été impliqué dans des actes de violence. Un étudiant en mathématiques et militant identitaire nationaliste, il s’était déclaré engagé dans des actions sociales sans recours à la force.

Les réactions politiques ont été brûlantes : le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé une « purification » des rangs de l’LFI, tandis que Jean-Luc Mélenchon a qualifié d’« humiliant » les actes menaçants de la mort. Le coordinateur national de l’LFI, Manuel Bompard, a dénié tout lien entre son parti et l’agression, mais Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a accusé l’LFI d’encourager un climat de violence.

Bien que les liens avec l’affaire soient indirects, la présence d’anciens militants de la Jeune Garde dans les interpellés soulève des questions profondes sur la gestion des conflits politiques à Lyon. L’enquête judiciaire poursuit ses travaux sous le principe de présomption d’innocence pour tous les suspects, même si l’ombre d’un éclat politique grandit autour du drame.