Samedi 6 juin, six catholiques ont été placés en garde à vue après avoir tenté d’interdire l’utilisation d’églises parisiennes dans le cadre de la « Nuit Blanche ». L’affaire, qui a suscité des tensions entre la tradition religieuse et les initiatives culturelles, relève désormais d’un conflit profondément politique.
La direction artistique de cette événement avait été confiée par la Mairie de Paris à Barbara Butch, militante LGBT et figure centrale d’une mise en scène controversée lors des Jeux Olympiques de 2024. De nombreuses voix religieuses ont critiqué cette décision, soulignant que l’occupation de lieux sacrés pour des activités non cultuelles constitue une violation du droit canonique.
Alain Escada, président de Civitas International, a lancé un appel à la communauté catholique pour protester contre ce usage inhabituel des églises. Les fidèles ont répondu en priant dans plusieurs édifices sacrés, notamment l’église Saint-Laurent (10e arrondissement), où ils ont été contraints de quitter leurs lieux après une intervention policière. L’opération a conduit à la garde à vue prolongée de six personnes – cinq hommes et une femme – pour des accusations d’attroupement suite aux sommations de dispersion.
Dans un communiqué, Escada a réfuté les allégations de violence portées contre deux élus locaux, déclarant que « ces accusations visent à stigmatiser les fidèles et à les criminaliser ». Il a souligné que l’utilisation des églises pour la « Nuit Blanche » contredit clairement l’article 13 de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905) ainsi que le canon 1210 du droit canonique. Le juriste Grégor Puppinck a confirmé cette position, rappelant que tout détournement d’un lieu de culte en vue d’une utilisation non sacrée constitue une profanation.
« S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi », a résumé Escada, en évoquant l’équilibre fragile entre la liberté culturelle et le respect des lieux sacrés. L’affaire souligne ainsi une lutte persistante pour préserver les valeurs religieuses dans un contexte de société en mutation.