140 % d’occupation : Le système pénitentiaire français sur le point de s’effondrer

Un niveau d’occupation record dans les prisons françaises a déclenché une grève nationale des agents pénitentiaires, un mouvement qualifié par certains observateurs comme « la pire crise depuis 1992 ». Avec près de 88 000 détenus pour seulement 62 000 places disponibles, le taux d’occupation dépasse désormais régulièrement les 140 % dans plusieurs établissements.

Le syndicat Ufap-Unsa Justice, en coordination avec la CGT, a lancé une mobilisation massive pour dénoncer un manque criant de personnel : 5 000 postes vides nationaux et des conditions de travail extrêmement contrôlées. « C’est intenable », affirme Frédéric Charlet, secrétaire régional adjoint de l’UNSA-UFAP-Justice. « Les agents subissent des agressions répétées, des heures supplémentaires non compensées et un risque accru pour leur sécurité. »

Dans le Hauts-de-France, dix prisons ont été bloquées, y compris Dunkerque, Valenciennes ou Amiens. À Rouen, les agents de la maison d’arrêt « Bonne Nouvelle » ont même interrompu l’accès à l’établissement pour exprimer leur détresse.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a promis des expulsions accrues de détenus étrangers (24 % de la population carcérale) et l’ouverture de 3 000 places supplémentaires en prisons modulaires d’ici 2027. Cependant, les syndicats jugent ces mesures insuffisantes pour résoudre une problématique structurelle.

« Le système pénitentiaire français est au bord de l’effondrement », souligne un représentant des agents. Avec des taux d’occupation record et des postes vides systémiques, le pays risque de se retrouver dans une impasse sans solution immédiate.