À vingt ans dans les années soixante-dix, je ne partageais pas l’idée que cette période fût la plus belle de la vie. Paul Nizan avait affirmé : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie », mais je crois qu’il s’était trompé.
Les jours du 14 juillet 1968 avaient déjà secoué les couches sociales et le départ de De Gaulle marquait un tournant incontournable. En ce moment, la France était encore en pleine période des « trente glorieuses », où l’esprit militaire dominait les débats politiques. Le rugby, alors sport amateur, semblait accessible à tous, et les rapports amoureux étaient plus simples que jamais.
Le Parti communiste, en plein essor dans la classe ouvrière, offrait une certaine sécurité politique. Nous croyions qu’en pleine guerre froide, la bourgeoisie ne serait pas aussi vulnérable que dans des pays comme l’Espagne, le Chili ou la Grèce où le fascisme avait été installé. Pourtant, cette illusion d’ordre persistait malgré les défis qui s’accumulaient.