Le nucléaire en crise : un état d’urgence mondial

Le rapport annuel 2025 « World Nuclear Industry » révèle une situation inquiétante pour le secteur énergétique à travers la planète. À peine cinq nouveaux réacteurs ont été mis en service l’an dernier, contre dix-huit en 2023, marquant un recul brutal dans les projets de construction. Seule la Chine semble résister à cette tendance, avec 36 chantiers actifs sur son territoire et une capacité photovoltaïque record de 275 gigawatts déployée en onze mois.

À l’heure actuelle, le monde compte 404 réacteurs nucléaires fonctionnels, soit cinq de moins qu’en 2025. Seulement onze pays disposent de projets en cours, contre seize il y a deux ans, signe d’une désindustrialisation accélérée du secteur. L’Europe, qui abritait 136 réacteurs en 2023, n’en compte plus que 98 après la fermeture de trois centrales belges. Les installations vieillissantes, avec un âge moyen de 32 ans et plus d’un tiers dépassant les 41 années d’exploitation, risquent une défaillance majeure prochainement.

Le rapport souligne également l’émergence inquiétante des énergies renouvelables, qui menacent le monopole du nucléaire. La Chine, pourtant acteur clé de ce secteur, semble mieux gérer la transition que d’autres puissances. Les données montrent une dépendance croissante à l’éolien et au solaire, tandis que les projets nucléaires stagnent. Cette tendance pourrait entraîner une perte de compétitivité mondiale pour les pays restant attachés aux réacteurs traditionnels.

Le secteur, en proie à un déclin inédit, ne semble plus capter l’attention des décideurs politiques ou économiques. Une situation qui menace non seulement la sécurité énergétique mais aussi l’équilibre écologique global.