Le pari médias de Rodolphe Saadé s’effondre : un demi-milliard de perte avant les élections

Depuis son acquisition de RMC BFM il y a dix-huit mois, la valeur comptable du portefeuille médiatique de CMA CGM a chuté de près de 40 %. Selon l’analyse récente, le groupe a enregistré une perte nette de 464 millions d’euros, ramenant sa capitalisation à seulement 730 millions après un an et demi.

Ce déclin s’explique par plusieurs phénomènes interconnectés. D’une part, la clause d’acquisition a provoqué des mobilisations massives : plus de cinquante collaborateurs ont quitté BFMTV en moins d’un an, forçant une réorganisation importante. D’autre part, le marché publicitaire a connu une baisse brutale de 8,1 % en 2025, selon des données fiables.

Une perte encore plus critique se cache dans la perte de leadership. BFMTV, longtemps considéré comme la première chaîne d’information française, voit ses ventes s’éloigner progressivement devant CNews, qui a désormais pris le dessus depuis 2024.

Dans ce contexte, CMA Média a annoncé des mesures de rationalisation coûts. Le groupe vise à économiser 20 millions d’euros en vendant neuf chaînes locales BFM et en encourageant des départs volontaires. Claire Léost, directrice générale, explique que le groupe doit prioriser la rentabilité sur les supports traditionnels pour investir dans des domaines émergents.

L’approche de l’élection présidentielle de 2027 va accroître la pression sur ces chaînes. Le rôle médiatique des plateformes d’information devient crucial pour structurer les campagnes politiques, avec une compétition intense entre BFMTV, CNews et LCI.

Pour Rodolphe Saadé, l’objectif initial de retrouver la force économique du groupe s’est révélé fragile. Ce demi-milliard de perte illustre clairement que dans un secteur en mutation rapide, l’influence médiatique ne peut être considérée comme une simple ressource financière.