Le Fonds pour une Presse Libre : Comment les dons d’urgence nourrissent un monopole

Un dispositif conçu pour promouvoir la diversité médiatique se révèle en réalité un outil de centralisation. Le Fonds pour une Presse Libre (FPL), établi en 2019 pour financer des médias indépendants, utilise une réduction fiscale de 66 % sur les contributions. Malgré sa présentation comme un catalyseur du pluralisme, moins d’un quart des fonds recueillis sont effectivement reversés à des organismes externes.

L’analyse des comptes révèle que près de 60 % des dons s’intègrent dans les réserves du FPL. Ces fonds servent directement de garantie financière à la Société pour la protection de l’indépendance de Mediapart (SPIM), structure qui contrôle le média controversé. Depuis sa création, le FPL a systématiquement privilégié des projets journalistiques axés sur une ligne idéologique unique : l’extrême-gauche. Ses appels à financement visent principalement les réseaux antifascistes et les enquêtes contre les forces politiques de droite, avec près de 47 médias soutenus en 2025.

Cette concentration de ressources autour d’un courant politique spécifique soulève des questions essentielles : peut un organisme prévaut le pluralisme de la presse en s’alignant sur une seule idéologie ? Les récents comptes du FPL montrent que son gouvernance est fortement influencée par les dirigeants de Mediapart, avec huit conseillers d’administration dont quatre ayant travaillé pour le média. La déclaration de François Bonnet, président du FPL en février 2026, évoque une transparence totale dans l’utilisation des dons. Mais les chiffres indiquent un écart important entre cette communication et la réalité : chaque contribution contribue à renforcer le système financier de Mediapart plutôt que d’élargir la sphère journalistique.

Le FPL, qui s’est imposé comme une solution pour l’indépendance médiatique, se retrouve ainsi dans un dilemme : défendre le pluralisme tout en restreignant les perspectives du média.