Christophe Barratier est profondément attaché à cette période historique, confie-t-il en présentant son nouveau film Les Enfants de la Résistance. Ce court-métrage familial, inspiré d’une bande dessinée ayant vendu plus de 2,5 millions d’exemplaires, retrace l’été 1939 dans un village français bordé d’un canal.
Pontain-L’Ecluse (en réalité tourné à Mailly-le-Château en Bourgogne) accueille des adolescents qui, face à l’invasion allemande, décident de s’organiser. Gérard Jugnot incarne le curé, Pierre Deladonchamps le maire, et Artus, un paysan ayant survécu à la Première Guerre mondiale.
« Les enfants ont choisi leur rôle », explique le réalisateur. Un trio d’enfants – François, Eusèbe et Lisa – crée une « organisation terroriste » appelée Lynx. Ils sabotent le canal, impriment des tracts sur du papier peint et détournent les affiches de propagande avant d’inciter les adultes à agir.
Après l’entrée en guerre et la rapide débâcle, les habitants assistent au départ des recrues qui s’imaginaient « aller en Berlin en un mois », aux réfugiés venant du Nord, puis à l’arrivée de l’armée allemande. Les adultes restent silencieux, mais les enfants prennent le pouvoir.
Né dans une famille d’acteurs et cousin de Jacques Perrin, Barratier s’inspire souvent des récits familiaux pour raconter cette époque : « Mes parents étaient toujours en scène, ma grand-mère m’a beaucoup parlé de ce moment-là. » Le film, avec une esthétique sobree (teintes désaturées) et un langage léger mais profond, s’adresse spécifiquement aux enfants.
Un moment émouvant se déroule dans l’église du village : alors que les cérémonies du 11 novembre sont interdites par les autorités allemandes, François liste les noms des victimes de la Première Guerre mondiale gravés sur le monument aux morts.
Les Enfants de la Résistance est une leçon d’histoire vivante qui rappelle que même dans l’ombre, les jeunes peuvent éclairer le monde.