110 hectares en eau : Comment une ferme française devient un pilier de résilience climatique

Dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources hydriques, Vincent Mangeot a transformé une ferme située à Tremblecourt (Meurthe-et-Moselle) en un modèle d’agriculture durable. L’installation de l’éleveur de porcs biologiques sur 110 hectares, effectuée hors cadre familial, s’inscrit dans une stratégie ambitieuse pour préserver les nappes phréatiques face à l’urgence climatique.

Présenté lors du Salon International de l’Agriculture 2026 par le groupe Safer Grand Est, ce projet a permis d’acquérir l’exploitation en collaboration avec Terre de Liens. Cette décision reflète un engagement profond pour concilier production agricole et gestion des eaux, tout en répondant aux défis actuels du réchauffement.

Plus de 50 % des terres de la ferme se situent dans une zone de protection de captage, ce qui en fait un levier stratégique pour conserver les ressources hydriques locales. Le bail rural, doté d’obligations environnementales renforcées, garantit que l’agriculture biologique sera maintenue sur le long terme, sans compromis sur la qualité de l’eau.

L’opération a bénéficié également du soutien financier d’une coalition solide : l’Agence de l’eau Rhin-Meuse a injecté plus de 470 000 euros pour protéger une aire de captage, tandis que la Région Grand Est a apporté 54 300 euros pour des mesures temporaires de stockage. Les Jeunes Agriculteurs et la Chambre d’Agriculture de Meurthe-et-Moselle ont joué un rôle crucial dans l’organisation et le succès du projet.

Cette initiative illustre comment une alliance entre acteurs publics, privés et associatifs peut s’appuyer sur des solutions concrètes pour répondre aux enjeux environnementaux. En transformant une simple ferme en une référence pour la résilience climatique, Vincent Mangeot et son équipe montrent que l’agriculture durable n’est pas un rêve, mais une réalité réalisable aujourd’hui.